Yogi Philippe DJOHARIKIAN

Yogi Philippe DJOHARIKIAN

Himalayiste, ancien sportif de haut niveau, docteur en sociologie et anthropologie (problématiques des addictions et dépendances), chaque année depuis 1987, Philippe parcours l’Inde, le Népal, le Tibet et particulièrement le haut Himalaya.
Né en 1965, père de Mohane et Yoni, il a été initié et formé au contact de Chandra Swami, Anand’ Giri Baba le Yogi du Shiving dans l’Himalaya, Amma pour son amour inconditionnel et Yogi Maurice Daubard pour le Toumo. Il transmet dans la joie de l’enseignement des yogis qui lui ont eux-mêmes transmis, les kriyas himalayens (oxygénation en altitude), les pranayamas (techniques respiratoires, vitalité, santé, conscience), les asanas (postures, souplesse, concentration), le raja yoga (alimentation, pensées positives, méditation), le nada yoga (explorations sonores, mantras, chants et tambours) suivant la tradition des yogis shivaïtes et des chamanes amérindiens.
Il partage de manière conviviale et joyeuse l’expérience d’un yoga doux et puissant à la fois, un yoga qui fait le ménage, pour s’ouvrir à une parenthèse de vibration agréable et suspendue dans cet espace-temps qui se comprime. Le niveau est celui de votre sincérité et de votre motivation à aller à la rencontre de vous-même.
Extrait de « Yogi d’ici mais comme là-bas » par Yogi Philippe Dhjoharikian
« Je marchais avec le yogi depuis déjà quelques heures et régulièrement, je m’arrêtais pour vider ma gourde et souvent, par la même occasion, je vidais ma vessie. Le yogi, lui, était nu dans les montagnes de l’Himalaya népalais. Il marchait comme sur coussins d’air et ne buvait pas. Néanmoins, il s’arrêtait aussi souvent que moi pour uriner ! Le yogi, voyant mon étonnement, réponds à mes interrogations en m’expliquant que le fait de vivre nu et de pratiquer l’ascèse yogique depuis des années permet une circulation du prâna telle qu’il absorbe ainsi l’humidité de l’air, des nuages et des cascades et que, comme une plante, il s’hydrate par l’ambiance. « Ce n’est qu’un des résultats d’une bonne affinité avec les éléments » me dit-il dans un éclat de rire.
Passant plusieurs jours en sa paisible compagnie, je réalise qu’il ne mange qu’une poignée de graines germées et de fruits sauvages par jour, dormant facilement n’importe où sur sa natte, maintenant son assise la plus grande partie de la nuit, ne se couvrant d’une écharpe que lorsqu’il neige… Moi, le sportif de haut niveau, celui qui se confronte avec son égo de jeune occidental aux sommets de l’Himalaya, enchaînant un record du monde du grand tour des Anapurnas (Pokara-Pokara) en onze nuits, escaladant le Pumori (7145 m) dans le massif de l’Everest, sans oxygène à 7000 mètres d’altitude, je me retrouve face à un sage qui révèle toutes mes tares. Je ne peux pas faire 10% de ce qu’il me propose, ni émotionnellement, ni physiologiquement… En fait, face à cet homme, je suis handicapé, moi qui me prenais pour…
Ce fut mon premier cours de yoga en quelque sorte. A partir de cette déconvenue, mais aussi de cet émerveillement, je pratiquerai en alternance en Occident, avec des amis qui m’offriront leur expérience, et régulièrement en Inde, au Népal et au Tibet, avec des Yogis et Yoginis rencontrés au hasard de ma destinée. Jusqu’au jour où je posais cette question à un de ces maîtres du silence et de la contemplation : « Babaji, je suis triste de voir que l’Occident profane le Yoga et, indubitablement, la conscience qui en découle, par sa matérialisation, par sa réduction aux simples formes gymniques. Le Yoga est-il condamné à disparaître du fait que nous en faisons un objet de ‘con-sommation’ ? La ‘con-cu-rance’ des professeurs occidentaux est dramatique n’est-ce pas ?  » – « Fils, quels que soient les êtres qui passent dans l’ombre de l’arbre du Yoga, l’arbre, lui ne change pas  » me dit-il.
Que les professeurs issus de la modernité utilisent le café, le tabac, l’alcool, laviande, les anxiolytiques, la télévision ou le sexe à outrance, pensent qu’ils enseignent le yoga, qu’ils sont des « professeurs » n’est que le résultat de « maya ». L’illusion est partout, et elle est particulièrement puissante dans le monde du yoga et dans les disciplines de soins et d’éveil. Celui ou celle qui pratique le piano deux heures hebdomadairement pensera peut-être qu’il joue du Bach alors qu’il ne fait que du bruit. La sâdhana est une discipline qui demande beaucoup de travail pour permettre le lâcher-prise et trouver ânanda. Brûler les étapes en pensant que l’on transcende les difficultés est un leurre qui conforte les paresseux. Certes, il n’est pas impossible ni même interdit de pratiquer la relaxation, les mouvements corporels, la respiration un peu plus en consciente que la suffocation ou l’apnée pour aller à la rencontre de soi, mais de là à appeler ces approches nécessaires et fondamentales « yoga », c’est faire preuve de manque de discernement. Nous devons être conscients de notre état de cheminer vers le but déontologiquement et avec humilité. L’union avec le soi (qui suis-je) et ainsi avec le tout, est le but ultime du yoga. Cela tout le monde peut l’entendre, mais très peu, en fait, peuvent le discerner car le processus de transformation est long… »

Site Internet Philippe : http://champignonbleu.free.fr/